|
Dimanche
18 novembre 2007
XIII
ème Congrès du Front National
à Bordeaux
-
Discours
de Bruno Gollnisch
Cher
président, Chers amis,
Dans la situation actuelle, nous avons des motifs d’inquiétude
; nous avons aussi des raisons d’espérer.
I.
La première, c’est que nous sommes en train de gagner
la bataille des idées.
En
effet, le grand paradoxe de 2007 c’est que nos idées
n’ont jamais été partagées par autant
de Français et pourtant un grand nombre d’électeurs
s’est détourné de nous dès la présidentielle.
Le phénomène s’est ensuite accentué
lors des législatives pour lesquelles, aux électeurs
dupés par le discours de Sarkozy, se sont ajoutés
les découragés qui ne se sont même pas déplacés
pour aller voter, faisant chuter plus encore le score du Front
National. Il n’en reste pas moins que ce revers tactique
masque une victoire doctrinale : nous avons imposé notre
discours.
II.
La deuxième, c’est que la reprise de nos thèmes
par l’UMP n’a hélas rien à voir avec
la reprise de nos solutions.
Malheureusement
pour la France, l’UMP qui a repris certains thèmes
chers aux électeurs nationaux (insécurité,
immigration, fiscalisme…), n’a jamais eu l’intention
de les appliquer. C’est ce que l’on vérifie
depuis sa prise de fonction. Le Président de la République
gesticule certes, mais qu’en ressort-il de positif pour
la France ? Rien !
Et dans tous les domaines :
-Dans
le domaine de l’immigration, les expulsions demeurent inférieures
à celles des années Jospin, l’immigration
continue de croître, tant du fait des clandestins que du
fait de l’immigration dite « choisie ». La phrase
la plus sensée sur cette politique suicidaire reste celle
du Président sénégalais Abdoulaye Wade :
« ce n’est pas honnête de vouloir prendre nos
meilleurs fils ». Et encore : « tout le monde sait
que je suis contre l’émigration de mes compatriotes.
Ce sont des ressources humaines que nous perdons, surtout les
cadres. Les compétences et les talents du Sénégal,
je veux les garder chez moi, en Afrique ».
Oui, le jour venu, nous aurons des alliés pour résoudre
cette question, y compris parmi les patriotes d’Afrique
ou d’Asie !
- L’insécurité, domaine qui n’est plus
que rarement évoqué dans les discours de Nicolas
Sarkozy ; L’Observatoire National de la Délinquance
nous apprend pourtant dans son rapport 2007, publié il
y a quelques jours, que moins de 30 % des 2 millions d’agressions
qui ont eu lieu en 2005-2006 ont fait l’objet de plaintes
devant les services de police !
- L’économie tourne au ralenti, la dette publique
est énorme, le chômage subsiste à un niveau
supérieur de 2 points à celui de la moyenne européenne
malgré le trucage de chiffres et l’augmentation des
classes d’âge entrant en retraite ;
- En matière sociale, ces jours-ci, les syndicats politisés
bloquent une nouvelle fois l'ensemble du pays : La SNCF, La RATP,
EDF, GDF, La Poste, les universités (par la violence de
groupes non-étudiants, comme à Rennes), la Justice,
l'Opéra de Paris, les écoles, la fonction publique...
Ce chantage et ce chaos révèlent au moins que le
prétendu service minimum présenté comme la
première réforme du gouvernement est restée
lettre morte…
Tôt
ou tard, les Français ne manqueront pas d’ouvrir
les yeux sur ces échecs et ces promesses non tenues.
III.
La troisième raison d’espérer, c’est
la décomposition de la barrière de la diabolisation.
Notre
président y a fait allusion. Dans l’émission
Répliques du 29 septembre, sur France-Culture, Lionel Jospin
était l’invité d’Alain Finkielkraut.
Parmi les banalités d’usage, on attrape quelques
phrases au passage… et l’on se pince pour être
sur de ne pas rêver. « Pendant toutes les années
du mitterrandisme, nous n’avons jamais été
face à une menace fasciste. Donc tout l’antifascisme
n’était que du théâtre. Nous n’avons
jamais été dans une situation de menace fasciste,
même pas en présence d’un parti fasciste.»
déclare t’il tranquillement. On se demande si on
a bien entendu… Après deux décennies passées
à utiliser jusqu’à l’obscène
une rhétorique antifasciste à la fois malhonnête
et fanatique, à trainer dans la boue toute la droite ,
à organiser une lutte antidémocratique telle que
celle de 2002, un leader éminent de cette gauche, plus
honnête peut-être que les autres, vient tranquillement
avouer un beau matin que tout ça, c’était
juste de la manip ! Mais ça a marché! Et pour l’antiracisme
hystérique de la gauche, aura-t-on droit aux mêmes
déclarations dans 20 ans ? Avec en prime dans l’extrait
audio, quelques considérations sur l’identité
nationale, notion qui fait aussi subitement son apparition dans
le discours de Jospin.
Notre
rôle est donc de montrer à quel point l’UMP
se paie notre tête, ce qui n’est pas une mince tâche
étant donné les moyens médiatiques dont ils
disposent en comparaison des nôtres. Ce ne sera pas facile
mais ce doit être le point central de notre action : dénoncer
la tartufferie.
IV L’affaire européenne.
Je
voudrais aussi insister sur un dernier aspect de cette supercherie
qui est en passe d’attenter au cœur même de l’indépendance
de notre Nation. Il s’agit de la volonté du Président
de la République de jeter la France dans une Europe technocrato-fédéraliste
en réintroduisant par voie de députés et
sénateurs aux ordres la Constitution rejetée en
2005 par l’expression la plus directe et la plus claire
du peuple souverain : le référendum. Nous devons
nous opposer par tous les moyens et avec toute notre énergie
!
Vous vous en souvenez, le 29 mai 2005, après une campagne
longue et passionnante, une large majorité de Français
(54,7%) disaient NON par référendum à la
Constitution européenne. Les sociologues et instituts spécialisés
ont établi que la plus importante composante de ce «
NON » était, et de loin, l’électorat
Front National.
Mais,
ce 13 décembre 2007, à Lisbonne, Le président
de la République va signer un Traité européen
censé remplacer la Constitution, et annonce qu’il
le fera ratifier par la France sans référendum,
via le Parlement
Or
ces 2 Traités sont les mêmes!
Le nouveau Traité européen, de 256 pages (!), dit
« modificatif », est une copie-conforme de la Constitution
Giscard !
Les
juristes, les hommes politiques de bonne foi, comme le Ministre
Luxembourgeis Junker, et des journalistes honnête, comme
au 20 heures de France 2 ce 19 octobre, le reconnaissent : ces
2 textes n’ont pas le même nom, mais ont le même
contenu, à 99% ! Renseignez-vous, vous verrez !
Seule
différence : l’article sur les « symboles de
l’Union » a disparu, mais il n’avait aucune
portée. Et ces symboles subsistent, évidemment.
Et le « ministre des affaires étrangères »
de la Constitution a changé de nom, juste de nom…selon
l’expression cynique de la chancelière allemande
Mme Merkel : « Let us change the wording, and keep the substance
». Il est là, ce Haut « représentant
», qui nous aurait engagé hier dans l’injuste
guerre contre l’Irak, qui nous a engagé avant-hier
dans celle contre la Serbie, dont nous ne voulions pas, et qui
nous engagera demain dans celle que les USA préparent contre
l’Iran.
Pour
le reste,
=>même atlantisme : l’OTAN entre dans le Traité
et encadre la politique étrangère et de défense
des Etats ;
=> même libre-échangisme destructeur et débridé,
rien contre les délocalisations, indépendance gravée
dans le marbre de la Banque centrale européenne, contre
laquelle M. Sarkozy fait mine de protester.
=> et même absence de démocratie : monopole d’initiative
des textes européens à la Commission européenne,
qui n’est pas élue et n’a aucune légitimité.
TOUS
les articles de la Constitution européenne que nous avions
rejetée sont dans le nouveau Traité !
Le président de la République a dit qu’il
voulait aller le plus vite possible, pour éviter le débat
! C’est exactement ce qu’attendent la Commission de
Bruxelles, l’ensemble du patronat européen et les
groupes de pression qui avaient voté OUI en 2005
Nous ne pouvons pas accepter que ce qui a été refusé
par le peuple revienne sous un autre nom via le Parlement, qui
ne représente pas correctement l’opinion de tous
les Français. En 2005, quand 54,7% des électeurs
disaient NON, les parlementaires disaient OUI à 93%…On
voit que le fossé est très large !
Quoi qu’il arrive à l’avenir, et comme nos
ancêtres qui ont refusé le honteux traité
de Troyes par lequel la reine Isabeau de Bavière livrait
le pays à l’étranger, nous refusons qu’on
nous vole l’indépendance, la liberté, la souveraineté
de la France.
Dans le cadre de mes nouvelles fonctions, je vais m’employer
à livrer cette bataille, la première de celles qui
se présentent à nous.
Que chacun mobilise autour de lui, et informe ses amis, afin d’exiger
un référendum.
Rassemblons-nous le plus largement possible, en laissant de côtés
nos désaccords, car ils sont le plus souvent moins essentiels
que ce qui nous unit.
Et pour reprendre le thème de ce Congrès, nous devons
tenir le Cap, et nous garder du pire de nos ennemis : le découragement,
sans sacrifier nos idées à la dictature du «
politiquement correct », comme l’a fait inlassablement
Jean-Marie Le Pen.
Malgré
nos difficultés actuelles, cette fois encore, je sais que
nous rebondirons car nous montrerons une fois de plus que nous
sommes encore les seuls à établir le vrai diagnostic
et à proposer les solutions justes et efficaces. Je sais
qu’alors, une fois de plus, le Front National vérifiera
la maxime qui veut que « Là où il y a une
volonté il y ait un chemin ».
|