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Jeudi
9 novembre 2006
Gollnisch : un procès de Moscou
Éditorial d'Yves Daoudal,
dans National Hebdo
Le
site internet altermedia.info a mis en ligne, la semaine dernière,
une grande interview vidéo de Bruno Gollnisch, au cours
de laquelle le délégué du Front national
déclare notamment : « Nous croyons encore être
dans un système de libertés, mais il s'agit en fait
d'un totalitarisme insidieux, dans lequel un certain nombre de
dirigeants dévoyés essaient d'empêcher les
peuples de se défendre pour revendiquer ce qui est leur
droit : le droit à la défense de leur identité,
le droit de décider s'ils veulent ou non de tant d'étrangers
chez eux. C'est un droit des peuples de dire : Non, nous sommes
désolés, nous ne voulons pas autant d'étrangers
autour de nous. C'est le droit de chacun de préserver sa
maison, de préserver son territoire, de préserver
sa patrie, de préserver son identité. Eh bien ceci
est culpabilisé, et on culpabilise dans tous les domaines.
»
On culpabilise, sur le plan psychologique, par d’intenses
campagnes médiatiques, mais aussi on culpabilise pénalement,
on rend coupable de crime ou de délit l’automobiliste,
le fumeur, l’amateur de vin, comme celui qui croit que le
concept de nation va de pair avec celui de préférence
nationale, ou que la discussion historique doit être libre.
Dans toute une série de domaines, la liberté d’expression
a été littéralement supprimée. Ce
sont tous ceux où sévit « l’insupportable
police juive de la pensée », comme la dénonçait
Annie Kriegel au moment du vote de la loi Gayssot, mais cela ne
cesse de s’étendre, comme en témoigne ce procès
où Jean-Marie Le Pen a été lourdement condamné
pour avoir dit que le jour où il n’y aurait plus
6 millions mais 25 millions de musulmans, les Français
devraient raser les murs et changer de trottoir.
Bruno Gollnisch en fait lui aussi l’expérience, avec
le procès surréaliste qui lui a été
intenté pour « contestation de crime contre l’humanité
», et qui s’est ouvert mardi.
Les
« propos controversés sur les chambres à gaz
»
Il
s’agit toujours de ses « propos controversés
sur les chambres à gaz », comme dit la presse, qu’il
aurait tenus lors d’une conférence de presse en octobre
2004. Harcelé, à la fin de sa conférence
de presse, sur les « chambres à gaz », Bruno
Gollnisch avait fini par répondre qu’il n’était
pas un spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et qu’il
fallait laisser les historiens se déterminer sur les victimes
des camps de concentration. Propos qui, soigneusement manipulés
par les médias hostiles, avaient immédiatement suscité
un tollé, et la réaction inouïe du garde des
Sceaux Dominique Perben intimant l’ordre au procureur de
Lyon de poursuivre le coupable. Rappelons ce qu’écrivait
alors dans son hebdomadaire le radical lyonnais Florent Dessus,
adversaire politique de Bruno Gollnisch : « Autant de réactions
parfaitement concevables si M. Gollnisch avait effectivement nié
l'existence des chambres à gaz. Ce qui n'est pas le cas.
S'il avait tenu les propos qu'on lui prête, nous aurions
été les premiers à les dénoncer. Mais
il se trouve qu'on ne peut pas lui faire dire le contraire de
ce qu'il a dit. »
On peut cependant prétendre qu’il a dit le contraire
de ce qu’il a dit, puisque sinon il n’y aurait pas
de procès. Et ce n’est pas un procès, ce sont
deux procès, et même trois en comptant celui qui
lui a été fait dans l’université, au
terme duquel il a été suspendu de ses cours pendant
cinq ans, pour des « propos » que ses juges n’ont
jamais cités. Bruno Gollnisch a été chassé
de l’université, par un tribunal d’inquisition
universitaire et par le ministre François Fillon (bras
droit de Sarkozy), parce que des « propos » qu’on
n’explicite pas ont « provoqué de vives polémiques
». Alors même que le président de Lyon III
et le recteur d’académie ont été désavoués
par le Conseil d’Etat pour leur gestion de l’affaire,
et que le recteur a même été condamné
pour « atteinte au droit au respect de la présomption
d’innocence » envers Bruno Gollnisch. Le scandale
principal restant qu’un professeur d’université,
ancien doyen, connu non seulement pour ses compétences
mais pour son absolue neutralité politique dans ses cours,
soit sanctionné sur le plan professionnel pour des propos
tenus en tant qu’homme politique en dehors de l’université.
« Je suis le seul Français à être poursuivi
par plusieurs voies au plan pénal, ce qui est contraire
au principe fondamental du droit Non bis in idem », fait
remarquer Bruno Gollnisch : on ne peut pas faire deux procès
pour le même motif. C’est pourtant ce qui se passe
: il y a le procès sur citation directe du parquet (à
savoir du gouvernement), et celui intenté par le MRAP.
Le jour-même où les médias rapportaient qu’un
rapport de la police judicaire concluait qu’il n’y
avait pas lieu de poursuivre Bruno Gollnisch, le garde des Sceaux
Dominique Perben faisait savoir qu’il donnait l’ordre
au parquet de Lyon de le poursuivre. Le même Perben qui
se targuait de ne jamais donner d’instructions au parquet
dans les cas individuels. Le même Perben qui est aussi candidat
aux municipales à Lyon, et qui instrumentalise la justice
dont il est alors ministre pour abattre un adversaire politique…
La
sentence « impartiale » selon le MRAP
Dans
le même temps le même parquet de Lyon accueillait
une plainte du MRAP, avec constitution de partie civile, ce qui
déclenchait une autre instruction. A l’examen des
faits, le juge d’instruction chargé de l’affaire
(qui est vice-président du tribunal de grande instance)
décidait, en mars dernier, de rendre une ordonnance de
« refus de mise en examen » et de non-lieu…
et il renvoyait en correctionnelle sept diffamateurs de Bruno
Gollnisch : le président du conseil régional Jean-Jack
Queyranne et six présidents de groupe…
Bien entendu, le parquet aux ordres du pouvoir faisait immédiatement
appel de ce jugement. Et la cour d’appel a réformé
le jugement, ordonnant un « supplément d’instruction
».
De ce fait, le procès ne peut pas avoir lieu tant que ce
supplément d’instruction n’est pas terminé.
Pourtant il a lieu. « Quand on commence à commettre
des irrégularités en droit, on les couvre par d’autres
irrégularités », constate Bruno Gollnisch.
La veille de ce procès qui déshonore la justice
française, le MRAP a publié un communiqué
qui illustre parfaitement le totalitarisme de la police de la
pensée : « Le MRAP attend de la justice une sentence
impartiale et exemplaire qui ferme définitivement la porte
à ce genre d’insinuations intéressées
et empêche les émules du Front national et leurs
admirateurs néo-nazis de réhabiliter un régime
que le tribunal de Nuremberg a justement condamné. »
On est dans la fantasmagorie stalinienne. Accuser Gollnisch de
vouloir réhabiliter le national-socialisme, c’est
du délire pur et simple. Ce sont les procès de Moscou,
où celui qui était accusé de ne pas être
dans la ligne était forcément un « fasciste
». Où une sentence « impartiale » est
forcément une condamnation à la plus lourde peine,
quand bien même personne n’est capable de dire en
quoi l’accusé est coupable.
Yves DAOUDAL
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