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Strasbourg, le 13 juin 2006
A l'Attention de M. Pascal CLEMENT
Garde des Sceaux
Par télécopie, vu l'urgence
Monsieur le Garde des Sceaux,
J'attendais ce jour 13 juin 2006 un arrêt de la Chambre
de l'Instruction de Lyon relatif à l'appel formé
par le Parquet contre le non-lieu pourtant très fortement
motivé qu'avait rendu en ma faveur Monsieur le Juge d'Instruction
Chauvot, vice-président du tribunal de cette ville. Cette
date avait été fixée par la Cour.
Mon avocat, Maître Wallerand de Saint-Just, et mon avoué
à la Cour, Maître Morel, malgré des appels
téléphoniques et des déplacements au greffe,
n'ont pu obtenir ni le texte ni la substance complète de
cette décision. Cependant, je suis assailli d'appels de
journalistes qui font état de ma mise en examen, qui aurait
été ordonnée par la Cour, sans toutefois
que je ne connaisse ni le dispositif ni les motifs de cet arrêt.
D'après ce qu'ils me disent, ces informations leur sont
données par le Procureur Général, M. Viout,
qui se répand par ailleurs auprès d'associations
communautaires pour leur promettre "une issue favorable",
c'est à dire, si l'on comprend bien, une condamnation de
ma personne.
Ainsi donc, une décision relative à un justiciable
n'est connue que de l'accusateur public, qui la communique à
la presse sans que le principal intéressé et ses
conseils ne puissent, malgré leurs efforts, en avoir connaissance.
Puisque l'on vous dit engagé dans la rectification des
dysfonctionnements de la Justice, je vous serais très reconnaissant
de bien vouloir faire cesser cette situation digne à tous
égards d'une République bananière, et faire
en sorte que j'aie une exacte, complète et immédiate
connaissance des décisions qui me concernent, de préférence
avant la presse.
Dans cette attente, veuillez agréer, Monsieur le Garde
des Sceaux, l'expression de mes salutations distinguées.
Bruno GOLLNISCH
Député au Parlement Européen
Copies :
- à M. le Premier Président de la Cour d'Appel
de Lyon
- à M. le Procureur Général
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